Le PVC et la Santé
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Périodiquement, fleurissent dans la presse des
attaques contre le PVC en général et plus particulièrement contre le PVC dans
le domaine de l’emballage.
Traditionnellement, ces attaques portent sur 3 points
:
· Le pouvoir
cancérigène du PVC,
· Le
non-recyclage du PVC,
· La production
de produits nocifs lors de l’incinération du PVC.
Pouvoir cancérigène du PVC
Dans ce domaine, les attaques sont souvent formulées
de la façon suivante:
“Le PVC contient des
quantités non négligeables de produit susceptible de provoquer des cancers et
il est donc dangereux pour la santé des personnes”.
Cette forme ambiguë provoque un réflexe de peur chez le lecteur. Mais, il
en est des produits cancérigènes comme des produits toxiques ; ils existent par
milliers, et il s’agit de connaître la dose à partir de laquelle ils peuvent
être dangereux.
Parmi les produits reconnus comme cancérigènes, l’état de Californie (état à
la pointe de la défense de la santé aux Etats-Unis) a établi une liste de
produits connus comme causant des cancers, dans un document concernant l’eau de
boisson (voir document en annexe).
On y
trouve :
· Le
chlorure de vinyle [présent dans le PVC (p. 801)],
mais aussi :
· L’acétaldéhyde
[présent dans les pommes et le PET (p. 795)],
· La
Cyclosporine [médicament anti-rejet utilisé dans le cas de greffes d’organes
(p. 796)],
· La
testostérone [hormone mâle présente chez la moitié des habitants de la planète
(p. 800)],
· Et probablement beaucoup d’autres produits
que chacun d’entre nous côtoie sans le savoir.
L’important serait justement de savoir parmi ce
que l’on côtoie, quels sont les produits dangereux et à quelles doses ils le
sont.
En fait, pour le PVC, ce n’est pas le produit
lui-même qui est cancérigène, mais son monomère de départ, le chlorure de
vinyle (VCM).
Le chlorure de vinyle est un gaz à température
ordinaire qui devient liquide à – 14° C. Ce produit a tout d’abord été utilisé
comme anesthésique en chirurgie dentaire, puis il a été produit
industriellement à partir de 1920, ce n’est qu’à la fin des années 60 que l’on
a soupçonné son pouvoir cancérigène, car l’on observait, chez le personnel
chargé du nettoyage des autoclaves de polymérisation du PVC, des taux plus
élevés d’un type de cancer très rare : l’angiosarcome du foie.
Cette découverte a entraîné tout d’abord la mise
en place d’une législation concernant les conditions de travail dans les usines
polymérisant le PVC, car c’est uniquement dans
ces usines qu’ont été mis en évidence ces taux plus élevés de cancer du foie.
Avant les réglementations, les teneurs en chlorure
de vinyle dans l’atmosphère pouvaient dépasser 300 ppm
(1 ppm = 1 partie par million = 1 g par tonne).
Des études ont montré que des teneurs de 50 ppm pouvaient provoquer des cancers.
Les différentes réglementations imposent
maintenant des teneurs inférieures à 1 ppm dans les atmosphères de travail.
Les réglementations se sont ensuite étendues à la
teneur en VCM dans le PVC, puis à la teneur en VCM dans les aliments.
Dans le PVC, la teneur maximum en Europe est de 1
ppm. Dans les compounds de PVC produits par DORLYL, cette teneur est inférieure
à 0,05 ppm.
Dans les aliments, la teneur maximum autorisée est
de 0,01 ppm en Europe, et de 0,002 ppm aux Etats-Unis. Les mesures faites sur
des aliments conditionnés dans des emballages PVC faits avec des compounds
DORLYL, en utilisant une méthode capable de détecter 0,0001 ppm, n’ont pas mis
en évidence la présence de VCM sur les aliments en question. Les teneurs sont
donc inférieures à 0,0001 ppm (0,0001 ppm représente 1 mg par 10 tonnes).
Il est difficile de taxer de laxisme les
réglementations européennes et américaines, surtout dans le domaine touchant à
la santé des personnes.
Quand ces législations limitent le taux de
certains produits, les limites sont prises avec une marge de sécurité, malgré
cela nous sommes très en dessous des limites imposées.
L’utilisation du PVC comme produit d’emballage des
aliments par des groupes internationaux, universellement connus pour leur
sérieux, est la meilleure preuve de leur confiance en ce matériau.
Ces groupes, s’ils avaient le moindre doute sur la
qualité de leur emballage, ne prendraient pas le risque de continuer à l’utiliser
et de ternir leur image de marque, alors que les documents concernant
l’innocuité du PVC sont connus depuis plus de 20 ans.
Le non-recyclage du PVC
En examinant sérieusement le problème, on s’aperçoit
que les problèmes de recyclage se posent dans des termes semblables pour toutes
les matières plastiques, et qu’il est plus particulièrement crucial dans le
domaine de l’emballage.
Tous les thermoplastiques sont recyclables, par contre ils sont
relativement peu recyclés.
Pourquoi ?
· Parce
que ces produits supportent très mal la présence d’impuretés.
· Parce
que les différentes matières plastiques sont incompatibles entre-elles.
· Parce que les emballages
représentent des volumes de déchets importants pour des masses relativement
faibles.
Les opérations de recyclage nécessitent donc des
opérations de tri et de purification compliquées, qui se traduisent, à cause
des volumes importants, par des coûts à la tonne élevés ce qui rend le produit
traité parfois plus cher que la matière de base, sans en avoir tous les
critères de pureté .
Quelles sont les différentes
possibilités de recyclage pour des bouteilles en PVC ?
üDans
le même type d’application :
La réutilisation des bouteilles PVC (ou plastiques en général)
nécessite une collecte sélective ou un tri préalable de ces emballages, leur
transport jusqu’au lieu où les emballages seront lavés avant réutilisation.
Les obstacles sont essentiellement le coût du
transport des emballages vides, l’incertitude de la pureté des emballages lavés
(les matières plastiques, contrairement au verre, peuvent retenir des produits
dans leur sein), la pollution créée par l’opération de lavage.
üLa réutilisation dans une autre
application :
C’est probablement une voie de recyclage plus réaliste
que la voie précédente. Elle se heurte aux problèmes suivants :
· La
collecte des emballages.
· Leur tri
et leur purification plus ou moins poussés selon l’utilisation finale.
· La création de nouveaux débouchés.
Cette activité est relativement récente. Après des premières applications
dans des pièces massives, d’autres applications plus techniques sont apparues :
tubes et profilés multicouches – transformation en fibre textile. Ces
applications sont encore trop limitées, l’imagination des utilisateurs
potentiels est cependant freinée par les coûts des matières premières vierges
qui rendent parfois le produit recyclé difficilement compétitif.
üL’incinération avec récupération
d’énergie :
Les problèmes, lies à l’incinération, seront traités
dans le chapitre suivant.
Cette voie est actuellement la plus économique, en
effet elle ne nécessite pas la séparation des emballages des ordures ménagères
et elle ne nécessite pas de séparer les différentes matières plastiques
entre-elles. Elle économise l’injection du fuel dans les incinérateurs. Cette
injection était nécessaire à l’époque où les ordures ménagères ne contenaient
que peu ou pas de matières plastiques.
L’incinération des ordures ménagères contenant des
plastiques avec récupération d’énergie cumule trois avantages :
· Elle
élimine les déchets plastiques.
· Elle économise les combustibles
fossiles qu’il serait sinon nécessaire d’utiliser pour incinérer les ordures
ménagères.
· L’énergie produite économise l’énergie
qu’il serait sinon nécessaire de produire par d’autres moyens.
üLa biodégradabilité :
Ce concept, appliqué aux matières plastiques, est au
premier abord séduisant.
Cependant, il est à manier avec précaution.
· Le fait qu’une matière plastique soit
biodégradable peut inciter les utilisateurs à la jeter n’importe où, et sans
discernement.
· Il faut être absolument certain
que les produits (invisibles), résultant de la biodégradation, ne sont pas plus
nocifs que l’objet de départ qui a, lui, le désavantage d’être visible.
· Enfin, dans le domaine de
l’emballage alimentaire où l’on souhaite pour des raisons évidentes un matériau
aussi inerte que possible, les deux concepts d’inertie et de biodégradabilité
sont opposés dans l’état des techniques actuelles.
La production de produits nocifs lors de
l’incinération du PVC dans les ordures ménagères
Parmi les produits cités comme nocifs nous trouvons le
chlore, le chlorure d’hydrogène, la dioxine.
üLe chlore (Cl2) est un gaz particulièrement dangereux, mais il ne se
dégage jamais lors de
l’incinération du PVC.
Si
son nom est parfois cité dans certains articles, il vient de la confusion que
certains font volontairement ou par ignorance de la chimie, entre le chlore (gaz)
et le chlorure d’hydrogène (communément appelé gaz chlorhydrique ou anhydride
chlorhydrique).
üLe
chlorure d’hydrogène
(HCl) (ou gaz chlorhydrique ou anhydride
chlorhydrique) est un gaz suffocant qui se forme lorsque l’on incinère des
produits chlorés (dont le PVC). Ce gaz se combine très rapidement avec la
vapeur d’eau pour former un liquide, l’acide chlorhydrique.
L’acide chlorhydrique est un acide fort, corrosif.
C’est aussi le principal composant des sucs digestifs présents dans l’estomac.
Il a été de mode, à une époque où l’on parlait
beaucoup de pluies acides, de rendre le PVC responsable de ces pluies acides à
cause de l’acide chlorhydrique qui se forme lors de l’incinération.
Il faut savoir que l’acide chlorhydrique ne représente
en Europe de l’Ouest que 2,5 % de l’acidité potentielle, d’origine humaine,
émise dans l’atmosphère, et que sur ces 2,5 % le PVC (toutes origines
confondues) n’en représente que la moitié.
En France, tous les incinérateurs municipaux ont été
mis aux normes européennes (Directives Communautaires 89/369/CEE et 89/429/CEE)
le 1er janvier 1996. Depuis, la contribution du PVC aux émissions
acides dans l’atmosphère est inférieurs à 0,1 %.
üLa
dioxine : Tout d’abord, il faut savoir que ce terme est impropre.
En fait, les dioxines sont une famille de 210 composés différents qui sont les
polychlorodibenzoparadioxines (PCDD – 75 composés différents) et les
polychlorodibenzofurannes (PCDF – 135 composés différents).
Les dioxines se forment lorsqu’il y a combustion de
produits contenant du chlore.
Les deux principales sources naturelles de dioxines
étant les éruptions volcaniques et les incendies de forêts, les dioxines sont
donc apparues sur terre bien avant l’homme. Des dioxines ont été détectées dans
des échantillons de substances vieilles de 8000 ans.
La toxicité des dioxines étudiée sur des animaux est
très variable d’une espèce à l’autre (facteur de 1 à 2000). La toxicité d’une
dioxine à l’autre est également variable (facteur de 1 à 10,000).
Le produit le plus toxique est probablement la 2,3,7,8
tétrachlorodibenzoparadioxine appelée encore dioxine de SEVESO.
Il est à noter que, suite à l’accident de SEVESO en 1976, un programme de
surveillance médicale a été mis en place, 200000 personnes ont été suivies
médicalement. Aujourd’hui, les spécialistes sont en mesure d’affirmer qu’aucun
effet à long terme n’a été observé dans la population suivie. Sur les 37000
personnes potentiellement exposées, 400 ont eu des brûlures de la peau et 200
ont développé des chloracnés, toutes sont maintenant guéries. Les examens
chromosomiques des personnes les plus fortement exposées n’ont révélé aucune
anomalie.
Il
n’y a eu aucun décès à déplorer à SEVESO.
Le professeur Christoffer RAPPE, de l’Université de
UMEA en Suède, a étudié la formation des dioxines dans l’incinérateur des
ordures ménagères qui traite 70000 T/an de déchets. L’émission totale des
dioxines par cet incinérateur est de 3 à 4 g par an et l’émission de la dioxine
de SEVESO est de 0,07 g par an.
Il n’a pas été clairement démontré que l’addition de
PVC dans les ordures ménagères augmentait sensiblement le taux des dioxines
émises. Les auteurs divergent sur le sujet, il faut dire que les quantités à
doser étant très faibles, il est difficile de faire des dosages précis
permettant de mettre des différences en évidence.
Les taux de la dioxine de SEVESO dans les gaz sortant des incinérateurs
sont de l’ordre de 0,3 ng/Nm³ (1 ng = 10-9 g),
c’est-à-dire
0,0000000003 g par m³ de gaz.
En utilisant les niveaux observés dans les gaz brûlés de l’incinérateur de
UMEA, et à l’aide des données météorologiques, l’Institut Météorologique
Suédois a calculé les concentrations de dioxines dans l’air en différents
points.
Au point où la concentration est maximum, la teneur est d’environ 0,05
pg/m³ (1 pg = 10-12 g),
soit 0,00000000000005 g par m³ air.
La quantité de dioxines inhalées est, dans ces conditions, de l’ordre de
0,02 pg/kg/j, à rapprocher de l’ADI qui est de 1,5 pg/kg/j (ADI = Admissible
Daily Intake).
A titre indicatif, une voiture à essence sans plomb émet des dioxines à une
dose de 15 à 20 pg/m³.